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avr
12

concours d´écriture

Cette année encore, le traditionnel concours d’écriture organisé par l’équipe de Lettres du Lycée Saint Louis a remporté un vif succès avec plus de 140 inscriptions du CM2 à la terminale. Le Prix Saint  Louis récompense le meilleur écrivain en herbe dans la catégorie d’âge dans laquelle il concourt.
Ainsi le 14 mai, dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie, les élèves se sont rassemblés dans la Aula pour raconter une nouvelle, en s’appuyant sur une image accompagnée d’une phrase.
Les lycéens se sont laissé charmer par l’atmosphère singulière, vaguement mélancolique et la solitude qui se dégagent de la toile de D. HOPPER. Leur nouvelle devait commencer par « La journée venait de finir », incipit de L’Or, roman de Blaise CENDRARS.
Les plus jeunes, du CM2 à la 3ème, étaient invités à laisser libre cours à leur imagination pour s’emparer de la scène bien curieuse extraite de Les Mystères de Harris Burdick de C. VAN ALLSBURG, en intégrant la phrase suivante « Deux semaines passèrent et cela recommença ».
Le soir même, le jury s’est réuni de manière conviviale pour lire les textes avec la plus grande attention et désigner les lauréats.
Enfin, le mercredi 16, tous les participants sont venus assister à la remise des prix et applaudir ceux de leurs camarades dont les récits avaient retenu l’attention du jury. Les premiers prix de chacune des catégories ont lu leur texte devant une assemblée toute ouïe.
Bravo à eux et bravo à tous les participants !
Voici donc, avec une nouvelle fois toutes nos félicitations, les noms des gagnants du concours d’écriture :
CM2
1. WITSCHARD Thyra
2. GANNOUM Ashanti
3. BADEL Julia
Concours d’écriture 2016 : Thyra Witschard , 1er prix de la catégorie CM2
 
Dans une petite, petite ville en France, dans une petite, petite rue nommée Lyonnèse, habitait Harrold Stein. Harrold habitait dans une vieille maison à deux étages. Un lundi, en mangeant, il entendit soudain un bruit. Il ne savait pas d’où venait le bruit, car il habitait seul. Il secoua alors sa petite tête et continua à manger.
Deux semaines passèrent et il recommença, mais ça se produisit de plus en plus souvent. Chaque fois, Harrold se croyait fou. Il monta alors se coucher au deuxième étage. La semaine suivante, quand il entra, le bruit n’y était plus. Il enleva son chapeau, ses gants et son manteau et se dirigea vers le salon. Ce qu’il vit alors lui glaça le sang. La petite table bougea. La lampe tomba et la chaise très fragile était en train de se casser. Il y avait quelque chose en dessous du tapis, il en était sûr. Ça se rapprocha et se rapprocha de lui pendant que Harrold essaya de comprendre ce qui se passait. Il n’eut pas le temps, car tout fut noir.
Quand il se réveilla, il ne comprit rien. Il ne savait pas où il était car tout était blanc. D’abord, il crut qu’il était mort, mais un peu plus tard une dame habillée en blanc entra. Elle lui dit qu’il était à l’hôpital et que personne ne savait ce qui lui était arrivé. On lui demanda où il habitait et il répondit : « La rue Lyonnèse 5 ». La dame répondit : « Cher Monsieur, la rue Lyonnèse n’existe pas et n’a jamais existé ».
6e-5e
1. WELLANDER Benjamin
2. GAUTHIER-VILLARS Orson
3. PINOT Clémence

Concours d’écriture 2016 : Benjamin Wellander , 1er prix de la catégorie 6e-5e 

La peur
Je suis écrivain. J´habite dans une grande maison. Mon gros problème, c´est ma conscience. Je n´ai pas le passé le plus honnête. De temps en temps, je vois des illusions, mais là, quand même, cela fait très réel.
Ca a commencé il y a deux semaines. J´étais en train de bouquiner lorsque j´entends un fracas dans la salle d´à côté. Un sentiment inhabituel m´envahit : la peur. D´un pas incertain je vais voir ce que c´est : je vois que mon beau vase de Chine qui est cassé. C´est bizarre, le vase ne n´aurait pas dû tomber. Mais là, je le vois, quelque chose bouge sous le tapis. Une sorte bosse. Je soulève le tapis mais il n´y a rien en dessous ! La sueur coule sur mon front. Je ne réfléchis plus, la peur est plus forte que moi. Je prends la chaise la plus proche et je la jette sur la chose. La chaise se fracasse en mille morceaux. La bosse, elle, a disparu…
Les jours qui suivent, je suis traumatisée. Je n´arrive pas à penser à autre chose que la bosse. Je deviens littéralement parano : je ferme la porte à clef, je ferme les volets, je ne sors plus et je ne dors plus. Je reste éveillé, la batte à la main.
Deux semaines passèrent et cela recommença. La chose revient mais cette fois plus grande. Je la vois.
Je regarde sous le tapis pour voir s´il y a quelque chose. Un visage avec un grand sourire de psychopathe est ce que je vois ! Un cri de stupeur s´échappe de ma bouche. Une main s´avance vers moi. C´est la fin, ma vie s´arrête ici, je vais mourir d´un arrêt cardiaque. Les lumières s´éteignent.
– «  C´était un bon film, » chuchote Oscar à l´oreille de son ami lorsque le mot FIN s´inscrit en grand sur l´écran.
4e-3e
1. SUDRE Amélie
2. FISCHER Jens
3. BRACONIER Hjalmar
Concours d’écriture 2016 : Amélie Sudre, 1er prix de la catégorie 4e-3e 
La brume retirait doucement son voile blanc sur la ville de Butric. Les rayons du soleil perçaient de part et d’autre du ciel. C’était un beau début de journée et l’odeur du café se faisait déjà sentir au 11 du bout de la rue. À sept heures précises, Marc Fiel était sur le pas de la porte, le soleil se reflétant dans ses petites lunettes rondes, il était très ponctuel et n’arrivait jamais en retard. Sa sacoche en main, il partit sans se presser prendre le bus. Il avait hâte de commencer sa journée, les élèves de deuxième année attendaient avec impatience son cours sur l’histoire des Incas et les traces de leur culture dans notre société, sujet que lui-même historien et collectionneur appréciait beaucoup. Mises à part ses deux passions, le professeur Fiel n’était pas quelqu’un d’exceptionnel, il ne parlait pas beaucoup avec ses collègues et n’était pas très investi dans la vie de l’université à laquelle il appartenait pourtant depuis près de dix ans.
À l’heure où la ville s’allume, il était de retour sur le pas de sa porte. La sonnerie de son téléphone fixe, qu’il trouvait par ailleurs insupportable, retentit dans la grande maison, son écho se répandait jusqu’au fond du vieux grenier. Il décrocha et son visage se détendit lorsque le bruit se fut instantanément arrêté. Une voix le mit alors au courant que son colis avait été livré chez lui mais qu’en raison de son absence il avait été ramené au bureau de poste où il attendrait pendant trente jours avant d’être renvoyé à son expéditeur. Marc Fiel répondit qu’il passerait le chercher le lendemain étant donné que l’on était samedi, il remercia et raccrocha. Une chose soudain l’intrigua, étrange, il n’avait pourtant pas commandé de colis…
Le jour suivant, il se rendit comme prévu à la poste centrale et revint pour le déjeuner le paquet sous le bras. Il le posa délicatement sur son bureau et commença à l’observer, le papier brun, son nom écrit sur l’emballage, et le nom, enfin la marque de l’expéditeur, qui lui semblait totalement inconnue. « Pas lourd ce colis, songea-t-il, et pas très large non plus. » Il prit ses ciseaux et commença délicatement à ouvrir le papier… La terrible sonnerie retentit de nouveau ! « Incroyable, pensa-t-il, il n’y a vraiment pas moyen d’être tranquille avec ces machines. » Il décrocha : « M. Fiel… attention ! …cuidate ! Vous êtes… » Un bruit sourd se fit entendre suivi de grondements et de grésillements indistincts puis tout se tut. « Étrange », se dit-il. Cela faisait beaucoup d’un seul coup pour la petite vie, d’ordinaire tranquille, de marc Fiel qui décida de manger pour oublier cette histoire.
En fin d’après-midi, il se décida à aller ouvrir son fameux colis car même s’il était sans aucun doute l’homme le plus peureux du monde, il n’en restait pas moins curieux. C’est donc son inlassable curiosité qui le poussa à retourner à son bureau et à finir malgré le coup de téléphone ce qu’il avait commencé, à savoir ouvrir ce mystérieux colis. Il ouvrit donc délicatement la boîte, une lumière blanche envahit un instant la pièce éblouissant le professeur. Il se pencha et prit délicatement entre ses doigts la petite statuette d’ivoire. Elle était magnifique, sculptée à la main sans aucun doute, ses yeux faits de deux émeraudes renvoyaient parfaitement la lumière, peu importait l’inclinaison de la statuette. C’était donc de ça dont il avait eu peur, cette petite statuette était inoffensive. Avant de la poser sur les étagères de sa collection, il devrait faire des recherches sur internet pour déterminer son origine, il la posa donc dans l’armoire en verre de sa chambre puis il se coucha fatigué par cette journée et pensant au coup de fil. Tandis que les yeux de Marc Fiel se fermaient, deux yeux s’ouvraient.
Marc se réveilla en sursaut intrigué par une lueur verte venant de son armoire. Dès qu’il toucha la statuette, ses yeux s’éteignirent. Croyant qu’il rêvait, il se remit doucement au lit. La nuit suivante la statuette s’alluma de nouveau mais épuisé par une journée de cours le professeur ne se réveilla pas.
Chaque soir de la semaine, le même phénomène se produisit, chaque soir au moment où il s’endormait, la statuette s’allumait. Monsieur Fiel commença à avoir des vertiges, des visions lorsqu’il rentrait chez lui. Il lui semblait que quelqu’un l’épiait, le surveillait. Il voyait des ombres bouger, des objets s’animer. Il avait peur, très peur, il avait déjà cassé la moitié des meubles de son salon croyant que quelque chose s’y cachait. Il prit la décision de mettre la statuette au grenier, et d’un coup tout s’arrêta. Il recommença à vivre normalement, il retourna à ses cours qu’il n’assurait plus depuis des semaines à cause de sa folie. Il pensait que c’était un cauchemar qui se terminait enfin. Marc Fiel était de nouveau lui-même et il comptait bien le rester. Malheureusement pour lui, ses  malheurs n’allaient pas s’arrêter là.
Deux semaines passèrent et cela recommença.
Lycée
1. LEGOUPIL Maxime
2. VOGHERA Toscane
3. TROUILLARD-PERROT Pierre-Marie
Concours d’écriture 2016 : Maxime Legoupil, 1er prix de la catégorie lycée 
La journée venait de finir. Elle reposa sa tasse dans la soucoupe fendue posée devant elle et gratta du pied l’asphalte sale du sol de la vieille cafétéria de l’aile Nord de l’hôpital, déserte et silencieuse.
Personne n’avait pensé à son anniversaire. Il était pourtant noté clairement dans le calendrier de la salle de repos, mais personne n’avait semblé prêter attention aux caractères inscrits à l’encre verte dans la case du jour. Bien sûr, certains avaient sans doute repéré la mention, mais n’avaient alors pas pu déchiffrer son nom imprononçable ou identifier la femme de ménage immigrée qui se cachait derrière, bien que l’hôpital l’embauchât depuis 8 mois déjà. Mais tant pis.
Ou enfin, tant mieux. Elle aimait la discrétion, et au vu de ce qu’elle avait fait au cours de la journée, il valait peut-être mieux que personne ne fasse attention à sa présence. Car aujourd’hui, elle avait enfin pris son courage à deux mains et s’était définitivement libérée du démon qui hantait son quotidien : son mari qui la battait et la violait depuis 10 ans.
Cela n’avait pas été difficile du tout. Il lui avait suffit de quitter un instant ses chiffons au couloir 8, pour se rendre aux toilettes en rénovation du 15e étage pour enfiler une blouse bleue clair et un masque, et enfin de traverser l’aile Nord d’un pas sûr et pressé pour pénétrer calmement, résolument, dans la salle d’opération 16C sans que personne ne l’arrête ou ne lui accorde un regard.
C’est là qu’un chirurgien, entouré de trois infirmières, s’affairait autour d’un corps inerte recouvert d’une bâche vert pâle ouverte au niveau du torse. Ils ne firent nullement attention à elle, tandis qu’elle substitua un bocal de talc posé sur une table dans un coin un bocal d’une poudre similaire mais dont elle connaissait les effets urticants et inflammatoires.
Elle quitta enfin la salle d’opération en adressant un pouce levé en réponse au regard inquisiteur que lui donnait le chirurgien, et crut le voir sourire sous son masque pour la remercier. Elle rejoignit rapidement le couloir 8 où elle reprit de plus belle le dépoussiérage de la chambre 842.
Cet après-midi-là, elle avait travaillé avec une vigueur et une assiduité plus importantes que celles qu’elle illustrait habituellement. Elle se sentait soulagée de savoir que l’opération de son mari, en salle 16C allait mal se finir. Demain, il lui suffirait de restituer le bocal de talc avant la première opération de la journée, à 4h05, et ainsi il n’y aurait pas de dégâts collatéraux.
A la fin de son service, à 22h, elle s’était attablée à la cafétéria en attendant qu’on vienne la prévenir de l’échec de l’opération cardiaque de son mari. Mais de toute évidence, ils avaient oublié de la prévenir tout autant qu’ils avaient oublié son anniversaire.
« Joyeux anniversaire, Luiza », murmura-t-elle à elle-même. Cette nuit, elle pourrait dormir sur ses deux oreilles.
Mais au moment où elle enfila son manteau et redressa son chapeau pour s’apprêter à rentrer, un jeune homme à l’air pressé et occupé entra et lui accorda tout de même un rapide regard.
« Tiens, madame Piertraško ! » s’enquit-il tout en traversant la cafeteria à grands pas.
Elle grimaça à l’entente de son nom mal prononcé, mais ne s’attendait pas ensuite à recevoir le plus gros choc de sa vie, lorsque le jeune homme poursuivit avant de quitter la pièce :
« Vous n’êtes pas à l’aile Est ? On vous a bien prévenu que votre mari a finalement reçu son opération ce matin lorsqu’un donneur compatible a enfin été trouvé ? Il va beaucoup mieux, il se repose en salle 413, dans l’aile Est. Oh, et puis c’est votre anniversaire, n’est-ce pas ? Joyeux anniversaire, madame Piertraško ! »